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à Tokyo

    Il existe une histoire japonaise. Une histoire de quête du bonheur. Un bonheur qui a pris la forme d’un oiseau bleu. Un frère et une sœur décident d’aller chercher cet oiseau bleu. Pour cela ils savent qu’un long chemin les attend. Ils se préparent et partent un beau matin. Cette quête va les emmener plus loin encore qu’ils ne l’auraient pensé. Des années passent. Ereintés et bredouilles, ils font demi-tour pour rentrer chez eux. Ils retraversent toutes les contrées qu’ils ont explorées dans les moindres recoins. Une fois arrivés chez eux ils remarquent que l’oiseau bleu était là, juste au dessus de leur maison.

    Pourquoi aller si loin ? Il suffit parfois de regarder autour de soi. Cette histoire peut-être interprétée de plusieurs façons. L’une d’elles est que le vrai bonheur est de le chercher. Lorsque j’ai entendu cette histoire je l’ai tout de suite assimilée pour moi. Pourquoi depuis tout petit je rêve d’aller au Japon. Peut-être que j’y cherche moi aussi l’oiseau bleu et peut-être qu’il est en fait juste à côté de chez moi, en France ou à Strasbourg, ma ville natale. Mais ça me plaît de chercher mon oiseau bleu. S’il est juste en bas de chez toi il n’a plus de valeur.

    Les vibrations augmentent et je suis scotché dans mon siège. Quelle propulsion ! La vitesse ne me permet pas de bien distinguer les éléments à travers le hublot. Puis ça y est, c’est fait, nous décollons avec une forte sensation de soulèvement par le bas. Enfin je suis parti, la prochaine fois que mes pieds toucheront le sol terrestre ce sera dans le pays où je désire le plus aller, le Japon.

    Le voyage est impressionnant en tout point. Déjà l’avion est un engin incroyable mais quand en plus on parcourt une telle distance, on en vient à respecter profondément cette invention et le fait que ce soit possible. Sur l’écran en face de moi, je pouvais voir un planisphère mondial sur lequel se déplaçait l’avion grâce au GPS. Sur ce planisphère étaient représentées les zones sur terre où il faisait nuit. Nous nous dirigions vers la nuit et elle se dirigeait vers nous. Nous sommes rentré dans la nuit au dessus du Danemark. A travers le hublot je distinguais des petites lumières près des côtes. La vie humaine vue de haut. J’étais fasciné.

    Quelques heures plus tard je me réveille dans l’avion. Les lumières étaient éteintes, le silence régnait mis à part le bruit constant de l’avion. Les hublots étaient occultés. J’ouvre le mien. C’est la Sibérie. Rien, il n’y avait absolument rien à part de la roche, de la neige, des fleuves et des rivières. Le ciel était complètement dégagé et il l’est resté tout le long de la Russie. Je me demandais si quelques personnes vivaient ici, dans cette solitude. Je me sentais seul également, perché à 12000 mètres de hauteur, allant à 900 kilomètres heure, des flocons de glace étaient collés sur la vitre du hublot, la température extérieure était de moins 60 degrés, tout le monde dormait, dans l’obscurité et le silence ; cette solitude là, unique et froide.

    Voilà je vais bientôt arriver à Narita. J’aperçois entre les nuages la terre japonaise, le sol japonais. C’est donc la première fois que je pose mes yeux sur le Japon réel, un moment fort. A l’aéroport de Narita, je n’y crois pas. C’était un rêve, une chose presque impossible pour moi. Et maintenant que je foule le sol japonais, je me dis que c’est assez facile, finalement, de concrétiser ce genre de rêves.

Je peux profiter pleinement à présent de la chance que j’ai d’être là-bas et me laisser transporter par des instants magiques. Les instants magiques que l’ont vit lorsqu’on aime le voyage et que l’on part à l’autre bout du Monde.

 
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