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à Tokyo

    Au-delà des classiques du tourisme tel que Tokyo Kyoto, Kamakura, le Fuji et Nara il y a une multitude de choses à voir au Japon. Ici c’est du sud du pays dont il est question. Une partie de l’archipel que j’affectionne tout particulièrement. Il faut dire aussi que je n’ai pas visité le nord du Japon et que je ne peux pas vraiment faire de comparaison. Je me suis promis d’aller dans le nord de Honshu et Hokkaido lors de mon prochain voyage. En attendant c’est vers le sud que je vous emmène. Alors préparez vos affaires, faites votre valise et dès que vous êtes prêt, on va prendre le train en direction de Kyushu et Nagasaki.

    Nagasaki est une ville construite dans une jolie baie. Comme vous pourrez le lire partout, il ne reste que peu de traces de son passé désastreux de la seconde guerre mondiale. Comparé à Hiroshima on y ressent moins les séquelles de la bombe atomique. Ici pas de dôme de la paix mais quelques statues, des colonnes brisées d’une église et un musée au niveau de l’épicentre de l’explosion. D’ailleurs le musée de la bombe atomique d’Hiroshima est bien plus impressionnant et marquant que celui de Nagasaki, qui se veut plus souple et surtout moins bondé.

    Justement, ici la vie semble paisible, bien loin du rythme de la capitale. Le fait le plus marquant à Nagasaki, pour moi, est l’impression de me retrouver dans une ville méditerranéenne ; à la japonaise tout de même. Comparé aux autres villes que j’ai connues dans l’archipel, il règne ici une ambiance particulière.

Il faut dire que Nagasaki est une des villes du Japon qui a le plus côtoyé les occidentaux. Encore aujourd’hui, lorsqu’on s’y balade, on remarque plus aisément l’influence des missionnaires jésuites que les marques de la bombe atomique. 

Le “mégané bashi”, le pont aux lunettes

    En plus des 4 îles principales, le Japon en possède quelques milliers, éparpillés un peu partout plus ou moins loin des côtes. A partir de la baie de Nagasaki il est possible de visiter un grand nombre. Du fait de leur proximité avec Nagasaki, ces îles étaient souvent des refuges pour les catholiques expulsés ou interdit dans le pays. C’est pourquoi, on peut y trouver quelques églises au sein même d’un paysage naturel agricole, peu urbanisé, où l’on sent qu’on se rapproche des tropiques.

    On en vient à se demander : suis-je encore au Japon ? Ici nous sommes tellement loin de la plupart des clichés qui poursuivent, parfois injustement, le Japon. Ce sont des endroits que peu de japonais de la capitale connaissent. Des endroits assez peu touristiques malgré certains atouts indéniables comme un climat chaud, des plages de sable fin, une mer transparente aux couleurs enchanteresses et une nature luxuriante.

    J’entends encore le bruit de la mer, le soleil qui tape sur le visage, des sensations que j’associais à l’Italie lorsque j’y passais mes vacances durant mon enfance et que je retrouve ici. Pourtant il y a quelques éléments qui me rappellent quand même où je suis. Des rizières, les panneaux routiers japonais, un ou deux habitants que l’on croise par-ci par-là, une végétation particulière.

    Le Japon est un pays à explorer de la tête au pieds. Sa position et son étendue géographique lui confère une diversité naturelle hors du commun. Un seul voyage ne suffit pas à se faire une idée juste de ce pays.

J’espère que notre petite escapade ensemble dans ce Japon peu commun vous a plu et que l’on pourra en vivre d’autres par le biais du site Japan Trotter.

    Nagasaki a été historiquement une des villes les plus influencée par la culture occidentale, particulièrement, chinoise, portugaise et hollandaise. Vous pourrez visiter Dejima. C’était une petite île au bord de la côté de la ville, habitée par des hollandais. Quelques maisons, une église, un vrai village hollandais miniature. Aujourd’hui, Dejima est un musée et n’est plus un île. La ville s’est élargie sur la mer. Une pratique courante au Japon.

    Un soir, je mangeais un bon yakiniku (barbecue) sur le port de Nagasaki avec mon compagnon de voyage. A la table voisine, il y avait tout un groupe de “salaryman“. Lorsqu’ils sont parti, ils sont passés à côté de notre table. Visiblement certains avaient un peu forcé sur l’alcool mais ils restaient tout à fait correct. Parmi eux, un homme de la quarantaine s’approche de nous, visiblement curieux de savoir d’où venaient les deux jeunes occidentaux qui mangeaient tranquillement leur yakiniku. En voyant que nous répondions japonais, il a fini par s’asseoir à côté de nous, laissant ses collègues partir. Nous avons longuement sympathisé ensemble. Il semblait particulièrement étonné de notre âge, du fait que nous soyons à Nagasaki et que nous parlions un peu japonais. Au beau milieu de la nuit, il nous a fait visiter Nagasaki à sa manière. Une sorte de guide improvisé. C’est là que j’ai découvert Dejima. A la fin, nous avons échangé nos cartes.

Je me rappellerai toujours de cette visite guidée de Matsumoto San et de cette expérience particulière que nous avons vécue. Ce genre d’expériences a toujours accompagné mes voyages au Japon. Des rencontres inoubliables avec des inconnus. Des moments volés de leur quotidien. Des moments que je n’ai jamais vécu en France. Des contacts humains, sans à priori, dans la plus pure simplicité.

    Ce matin, je me lève dans notre charmante chambre de notre vieux “Minshuku“. Je sors de mon futon, tire la porte coulissante en papier de riz, me dirige vers l’évier et me rince le visage avec de l’eau froide. A chaque pas, le bois grince. Aujourd’hui, en début d’après-midi, nous quittons Nagasaki pour aller au delà de la mer. Nous prenons un jet ferry pour rejoindre des îles.

Ce qui était à la fois choquant et agréable, c’est de voir un Japon rural très peu habité. Pour une fois on se dit qu’il y a beaucoup plus de place que d’habitants. On se sent seul parfois lorsqu’il y a quelques jours on était à Tokyo. Mais comme c’est agréable !!

Nous avons faits quelques rencontres avec de jeunes habitants de l’île, apparemment peu habitué à voir des européens. Des filles en vélo se retournent, deux enfants nous montre du doigt comme si on était des stars, on s’improvise une partie de foot avec des jeunes déboussolés sur un tronçon d’herbe. Que de bons souvenirs !!

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